|
|
|
ECONOMIE INFORMELLE, TRAVAIL AU NOIR Selon plusieurs études, la taille de l’économie informelle (non criminelle) est non négligeable dans les pays de l’OCDE. Elle est par exemple estimée, pour le Royaume-Uni sur données microéconomiques (Family Expenditure Survey 1993) à au moins 9.24% du PIB par Lyssiotou, Pashardes et Stengos (1999). Par ailleurs (même s’il y a débat sur la question) selon Schneider et Enste (2000, 2003), il y a eu un accroissement continu de l’économie informelle dans la plupart des pays de l’OCDE (y compris les Etats-Unis) de 1960 à 1999. Les raisons de cet accroissement sont multiples : le système fiscal, les charges sociales, l’intensité de la régulation administrative des marchés (barrières commerciales, restriction d’accès au marché du travail pour les étrangers,…), le marché du travail (réduction du temps de travail, coût salarial,…), la qualité des services offerts par le secteur public (plus cette qualité sera grande et moins il y aura incitation à investir dans l’économie informelle), etc. La définition
même de l’économie informelle et du travail au noir
fait débat, comme en témoigne la récente loi suisse
contre le travail au noir, qui a renoncé à définir
son objet sinon par l’ensemble des législations diverses
(droit du travail, droit fiscal, droit social, droit des étrangers…)
auxquelles il contrevient. Du côté des économistes,
la question des limites entre production domestique et offre de travail
reste un enjeu théorique fort. Du côté des anthropologues,
c’est la définition sociale du travail qui pose question,
dans des contextes où les cadres formels du travail salarié,
du travail indépendant et du travail familial ne sont pas fixés
par la loi ou varient selon les contextes nationaux. En ce qui concerne la structure du marché du travail officiel, soulignons que si le côté offre de travail a été abondamment traité dans la littérature (voir par exemple Cowell 1985, Clotfelter 1983, Lacroix et Fortin 1992, Lemieux et al. 1994, Frederiksen et al. 2005), le côté demande l’a, comme le souligne Sandmo (2004), moins été (Fugazza et Jacques 2003, Kolm & Larsen 2003, Busato et Chiarini 2004, Diaye et Koshevoy 2006,…). Plusieurs faits (comme par exemple, le nombre accru du nombre d’emplois de maison ou encore le nombre important de travailleurs illégaux) plaident pourtant en faveur d’une plus grande attention à la demande de travail au noir. De ce point de vue, les soumissions consacrées : aux analyses économique et économétrique des déterminants de l’offre de travail au noir, aux analyses économique et économétrique des déterminants de la demande de travail au noir (en prenant en compte aussi celle de la part des employeurs particuliers), aux analyses de l’incidence des nouvelles technologiques sur l’offre de travail au noir et aux analyses sur la complémentarité ou la substituabilité du travail au noir par rapport au travail « légal » seront les bienvenues. Par ailleurs,
un numéro spécial dans une revue, ainsi que la publication
d’un livre sur les politiques publiques de lutte contre le travail
illégal, sont prévus. |
|
|
|