Un groupe de recherche Medit (Migrations, emploi, droits sociaux, inégalités, travail)
a été créé au CEE début 2009 pour étudier les questions de marché du travail et de
protection sociale dans les pays des rives est et sud de la Méditerranée.
L’importance de l’emploi informel et le chômage élevé des jeunes diplômés constituent deux
caractéristiques que partagent la plupart des marchés du travail des pays de la région. C’est
donc sur ces deux thèmes que les travaux du groupe ont été lancés. Sur le premier, l’objectif
est à la fois d’établir quelles sont les caractéristiques qui influent le plus sur la probabilité d’occuper un emploi informel en termes d’âge, de niveau d’éducation, de sexe, de statut
dans la profession… et d’éclairer les raisons d’être de ces emplois. Relèvent-ils d’un processus
d’exclusion conformément à l’approche en termes de segmentation du marché du travail ?
Ou bien résultent-ils d’un choix délibéré d’individus qui valoriseraient davantage les emplois
informels ? Ou bien ces deux approches sont-elles pertinentes témoignant ainsi de l’hétérogénéité de ces emplois ? La réponse à ces questions est déterminante pour identifier le
paradigme dans lequel on se situe et, partant, les mesures de politique économiqueà envisager. Ce travail engagé actuellement sur la Turquie, devrait être étendu à d’autres économies de la région. Une version partielle a été présentée au colloque organisé à Istanbul les 21, 22 et 23 mai 2009 par le GDRI Développement des recherches économiques
euro-méditerranéennes (Dreem), dont le CEE est membre partenaire (voir CEE.Info n° 10).
L’autre thème s’inscrit d’emblée dans une logique comparative et vise à comprendre les
causes des difficultés d’insertion des jeunes diplômés sur les marchés du travail de 4 pays
méditerranéens : Turquie, Maroc, Tunisie et Egypte. La progression rapide des niveaux
d’éducation dans ces économies s’est traduite par un accroissement de l’offre de compétences
qui, comme en témoigne le taux de chômage élevé des jeunes diplômés, n’a pas
rencontré une demande aussi dynamique. C’est à l’analyse des causes de cette inadéquation
entre offre et demande de travail que cette étude sera consacrée. Elle mobilisera à la fois
une approche macroéconomique et microéconométrique.
Par ailleurs le groupe Medit a pour objectif de nouer des liens avec des organismes partenaires
au Sud. Au-delà des échanges engagés depuis 2008 avec l’Université Galatasaray
d’Istanbul, des contacts ont été pris avec le Centre de recherche en économie appliquée
pour le développement (Créad) à Alger. Ils devraient déboucher sur un workshop sur l’emploi
informel organisé par le CEE et le Centre d’économie de Paris nord (CEPN).
Contact : Isabelle Bensidoun |