Icône Twitter

Centre d'études de l'emploi

Document de travail

Tendances de la qualité de l’emploi pendant la crise : une approche européenne comparative

Christine Erhel, Mathilde Guergoat-Larivière, Janine Leschke, Andrew Watt
Thèmes
  • qualité de l’emploi, qualité du travail
  • emploi, marché du travail
  • comparaisons internationales
Décembre 2012
Télécharger au format PDF :
Document161 (1 Mo)
L’objectif du document est d’analyser les conséquences de la crise sur la qualité de l’emploi en Europe. Il identifie tout d’abord les tendances de la qualité de l’emploi pendant l’épisode de crise, avant d’explorer les liens entre ces évolutions et des facteurs conjoncturels et institutionnels. Les données utilisées proviennent des principales bases européennes (Enquête sur les Forces de Travail, Enquêtes sur les Conditions de Travail, panel EU-SILC).
Une première étape repose sur des indicateurs synthétiques de qualité de l’emploi développés dans des travaux antérieurs (Index de Qualité de l’Emploi proposé par ETUI. En moyenne pour l’Union européenne, la qualité de l’emploi globale ainsi mesurée décline légèrement entre 2005 et 2010. Des améliorations sont visibles concernant les conditions de travail et la conciliation entre vie familiale et vie professionnelle, mais les indicateurs de salaires et de contrats atypiques se dégradent. Au niveau national, quelques pays connaissent une amélioration de leur qualité de l’emploi (Pologne, République tchèque, Belgique et Danemark), tandis qu’elle se dégrade dans la plupart des pays, cette tendance négative étant plus importante en France et en Irlande.
Une deuxième étape s’appuie sur des indicateurs dynamiques, calculés sur une base individuelle à partir du panel SILC, et mesurant les transitions en termes de qualité entre 2007 et 2009. À partir de régressions logistiques multi-niveaux, on estime la relation entre les caractéristiques des individus et des pays, et la probabilité de connaître une dégradation de la qualité de l’emploi ou d’aller vers le non-emploi (chômage ou inactivité). Les résultats montrent que certains groupes sont plus affectés que d’autres par le risque de détérioration de leur qualité de l’emploi, en particulier les jeunes, les seniors et les personnes ayant un faible niveau de qualification. Les femmes semblent moins affectées que les hommes par ce risque, mais elles connaissent une probabilité plus élevée de transition vers le non-emploi.
Les différences entre pays sont reliées aux variations conjoncturelles (ampleur de l’augmentation du chômage), et à des facteurs sectoriels. Certaines institutions semblent également jouer un rôle : la législation de protection de l’emploi est associée à de plus faibles risques de transition vers le non-emploi, et n’a pas de lien direct avec la variation de la qualité ; la dépense publique par chômeur (politiques de l’emploi) réduit légèrement le risque de dégradation de la qualité de l’emploi des individus.

Ce document est également disponible en version anglaise