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Centre d'études de l'emploi

Rapport de recherche

Pratiques de recrutement et sélectivité sur le marché du travail

Yannick Fondeur, Michèle Forté, Guillemette de Larquier, Sylvie Monchatre, Géraldine Rieucau, Marie Salognon, Ariel Sevilla, Carole Tuchszirer
Thèmes
  • recherche d’emploi et recrutement
  • gestion de l’emploi
  • inégalités, discriminations
Mars 2012
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Rapport72 (1 Mo)
Cette recherche, financée dans le cadre d’un appel à projets conjoint de la Dares et du Défenseur des droits (Halde au moment de l’appel à projets), avait pour objet d’affiner la connaissance des pratiques de recrutement et de caractériser leur sélectivité.

La nature d’un recrutement est d’être sélective. Mais cette sélectivité pose problème dans deux cas : quand elle s’appuie sur des critères illégitimes au regard du droit du travail, car elle produit ainsi de la discrimination ; mais aussi quand elle est fondée sur des critères non prohibés par la loi mais mobilisés de manière systématique, car elle engendre alors des phénomènes d’exclusion sur le marché du travail.

Notre analyse porte sur les pratiques de recrutement directement et indirectement sélectives. Les recruteurs peuvent intentionnellement chercher à écarter telles catégories de population ou à privilégier telles autres. Mais il est également possible que des pratiques en apparence neutres induisent une sélectivité particulière, engendrant de manière indirecte la mise en avant systématique de certains profils et/ou l’exclusion, voire la discrimination, d’autres catégories de candidats.

La prise en compte de la diversité sectorielle des façons de recruter a constitué un élément important de notre démarche empirique. Notre questionnement s’est déployé transversalement dans les quatre secteurs retenus (banque, hôtellerie-restauration, grande distribution, conseil et services en informatique et technologies), mais des problématiques spécifiques aux différents secteurs ont également été développées.

Un des partis pris importants de cette recherche était en effet de mettre en avant le caractère structurant des systèmes d’emploi sur les pratiques de recrutement. L’hypothèse sous-jacente est que les pratiques de recrutement doivent être analysées dans leur contexte en tenant compte de l’activité économique des entreprises et du marché sur lequel elles opèrent, des caractéristiques des différents types de main-d’œuvre mobilisée, de leurs marchés du travail et règles professionnelles, et, enfin, des politiques de gestion de l’emploi et des carrières spécifiquement développées. Il s’agissait donc non seulement d’identifier des déterminants sectoriels, mais également, via le croisement de ces dimensions, des dynamiques différenciées au sein des secteurs, voire des entreprises. Les quatre monographies sectorielles de ce rapport s’attachent à cela (chapitres 1 à 4).

Ce matériau monographique fait l’objet d’analyses transversales à travers quatre thématiques : la gouvernance du recrutement (chapitre 5) ; les canaux de recrutement (chapitre 6) ; les critères d’évaluation et la sélectivité (chapitre 7) ; la discrimination, l’exclusion, et la diversité (chapitre 8).